Bonjour à tous,

Comme vous le savez peut-être, nous avons fait l’objet d’une procédure de contestation de marque, de la part du géant du jeu vidéo en ligne “king.com”, via un cabinet d’avocats parisien.

En 2000, lors de la signature d’un contrat d’artiste avec une major du disque, nous avions dû, par obligation contractuelle, déposer notre nom “Bubblies” comme une marque, auprès de l’INPI. Comme notre nom était, paraît-il, déjà protégé par le droit d'auteur, nous n'étions pas convaincu par la démarche, mais l'avons faite.

En 2013, ce premier dépôt ayant expiré, nous avons décidé de procéder à un nouveau dépôt pour nous éviter des désagréments, sur l’utilisation que nous pouvions faire de notre nom. Durant notre histoire, il nous était déjà arrivé d'être confronté à des sociétés qui avaient des marques très proches et nous ne voulions pas nous retrouver dépossédés de ce qui est devenu avec les années, notre nom de famille !

Sans doute dans un souci de satisfaire aux exigences d’une entrée en bourse, King.com a visiblement missionné un peu partout dans le monde, des cabinets d’avocats pour faire en quelque sorte, le ménage autour de leurs marques - “Bubble saga” en ce qui nous concerne.

Nous avons essayé pendant des mois de trouver un arrangement à l’amiable avec eux, sur un principe de non concurrence et de non-agression, malheureusement sans succès. Depuis le début de cette histoire, nos contradicteurs, via avocats interposés, nous traitent dans tous les échanges que nous essayons de développer avec eux, d’une manière on ne peut plus condescendante. Les solutions qu’ils nous proposaient, impliquaient en effet systématiquement un abandon unilatéral de notre liberté d'utilisation du nom du groupe, au moins pour certains usages, ce que nous ne pouvions accepter, sauf à devoir changer de nom.

C’est vrai... qu’est-ce qu’un petit groupe de Rock de province peut bien peser face à un géant mondial ? Donc pourquoi King.com aurait-il eu à nous traiter avec respect ? … juste peut-être par politesse, savoir-vivre ou fair play ?!

D’autant que de se faire attaquer en nom propre par une multinationale, ça fait un effet bizarre ! Ça questionne sur le sens de cette guerre du copyright, sur le sens de leur démarche mécanique, qui donne l’impression - Pop Culture oblige - d'être en conflit avec un organisme froid et hostile dans un roman cyberpunk.

A priori, nous n’avons rien contre cette société qui ne fait que créer des jeux vidéo et il ne nous serait jamais venu à l’idée de les attaquer pour quoique ce soit. D’abord parce que nous avons bien d’autres choses à faire plus intéressantes ! Comme de la musique par exemple et puis parce que ce n’est pas notre façon de gérer nos problèmes.

Chez nous, on se retrouve autour d’une table et on discute, voir on s'engueule et on se quitte copains ou pas, mais nous, nous parlons. Et même dans le cas où il nous serait venu l’idée saugrenue de les attaquer, représentons-nous une menace si importante au point qu’une attaque préventive s'imposait ?

Autant de questions sur leur fonctionnement qui nous laissent perplexes… éventuellement nous pourrions être flattés d’apprendre que nous sommes en mesure d’impressionner une multinationale mais nous ne pouvons que rester lucides quant à nos moyens.

Heureusement grâce au soulèvement des Internautes, King.com a annulé la procédure en deux jours ! Grâce à vous tous ! Et nous ne vous remercierons jamais assez !

Malheureusement, malgré cette victoire médiatique, nous restons les perdants dans les faits, puisque la procédure initiée ne permettait pas de demander une réparation.

Notre emploi du temps et notre budget album se sont largement adaptés à la situation et se sont transformés en frais et en temps perdu.

En effet - de ce que nous en avons compris -, si nous avions été devant un tribunal, nous aurions pu leur demander le remboursement de nos frais. Mais la procédure INPI ne prévoit pas ce genre de réparation de dommages.

Tout ce temps et cet argent ne sont rien pour King mais pour nous ça veut dire beaucoup ! ;-)
Car malgré notre capacité de résilience, nous sommes comme tout le monde obligés de travailler pour gagner notre vie et c’est le prix de notre indépendance artistique !

Et là, on va devoir trouver un nouveau budget pour pouvoir travailler… comme si la survie financière d’un groupe de rock alternatif n'était pas déjà assez dure !

Nous pensons que la réparation du préjudice causé, avec un mot sympa de leur part pour excuser le dérangement seraient les bienvenus ! Nous essayons donc de communiquer directement avec eux, notamment en les interpellant dans les médias grâce à la fenêtre que nous avons eue. Mais certainement faute d'avoir les bons codes, la bonne logique éthique ou peut être simplement la même vision du monde, nous sommes face à un mur et dans l’impossibilité d’établir un contact humain avec eux, qui dès le début aurait pu nous épargner tout cela !

Au-delà de tout ça, nous restons des artistes et le cheminement de création est surprenant en 2014. En effet, nous avions en tête depuis un moment de refaire des jeux vidéo pour Bubblies. Notamment parce que le jeu vidéo fait partie de notre univers depuis toujours !
Notre site Internet s’appelle AudioGame et nous avons sorti en bonus de nos albums, des détournements de jeux d’arcades, dès la fin des années 90 !

Bien entendu nous voulions "interpréter" le jeu vidéo à la sauce Bubblies. Du Bubblegum, de la Pop, du Slakers... Un jeu qui nous ressemble et auquel nous avons tous joué, voir passé des nuits : Puzzle Bubble ! Le mythique !

Celui de la salle de jeux et des première sorties, celui sur le 1er Pc lorsque les émulations de consoles sont arrivées jusqu'à nous, celui sur nos téléphones !
Un hit donc, depuis toujours.

Nous voulions y retourner depuis quelques années mais le moment extraordinaire, au sens propre, que nous avons vécu, en mai dernier, a été tellement intense et marquant, qu'il a provoqué un élan créatif !

Forcément un shitstorm pareille, ça laisse des traces... ;-)
5 jours de folie qui apparaissent et disparaissent comme ils sont arrivés.
Heureusement nous avons déjà vécu ce genre de moments et de marathon promo. Mais jamais aussi soudainement, jamais aussi intensément et jamais aussi fort ! Et tout cela, sans appeler aucun média ! Nous n'avons fait que répondre au téléphone. C'était incroyable !

Évidement nous ne sommes pas dupes et nous savons que c'était dû à la notoriété de King et au raz-le-bol de beaucoup d’Internautes qui jugent leurs pratiques envers le droit d'auteur très discutables et à l'adhésion au combat type "David contre Goliath".

Cependant nous pensons que l'affaire aurait eu peut-être moins de poids, si nous n'avions pu eu notre parcours, durable d'une part, ce qui garantissait l'antériorité et engagé d'autre part.

Du coup, redescendu un peu de cette folie, nous nous sommes questionnés et l’on nous a questionnés sur la suite.

Une chanson ? Peut-être mais le processus d'incubation de la création prend du temps...
Un jeu vidéo ? Beaucoup nous l’ont conseillé ou nous ont posé la question presque comme une bonne blague !

Au début, à nous aussi cela nous paraissait être une blague. Et finalement...

Sur nos deux derniers albums, il y avait une innovation liée à la musique.

En 2006, pour BubbleGum Explosion, nous sortions la 1ère clé USB Musicale au monde.

Entre 2010 et 2013, nous créons et diffusons le Concert Silencieux, performance live qui vient interroger le rôle de l'artiste dans l'espace public.

Et pour le nouvel album, sur lequel nous travaillons depuis quelques mois, la question était encore entière....

Nous voulions déjà nous adosser à un financement participatif. Bien que nous disposions déjà d'un tel système sur notre site, nous n'y avions jamais fait appel via des plates-formes spécialisées.

Par ailleurs, nous réfléchissions à une œuvre graphique à adjoindre à la musique.

Et là, bim, badaboum !!! King.com débarque avec ses gros sabots !

On ne peut pas ignorer ce qui s’est passé. C'est inscrit en nous, comme une aventure numérique hors du commun mais qui existe dans nos vies.

Une expérimentation comme ce qui peut arriver lors d'un voyage. Une expérience dont on sort sonné mais rempli et vidé en même temps, avec de quoi nourrir l'imaginaire et les questionnements pendant des mois, voire des années. Questionnement sur notre propre liberté de création, sur la propriété intellectuelle, sur le pouvoir des médias et ce que nous représentons ou pas au milieu de cet ensemble…

Du coup, oui, on a envie de faire un jeu vidéo !

Une grande partie de notre intimité se retrouve maintenant dans nos Pc ou sur nos smartphones. Pour une grande partie d'entre nous, le cd ne fait plus partie de notre quotidien. La musique oui, mais dématérialisée.

Le nouveau média populaire, c'est l'appli pour smartphone, c'est le jeu Facebook, c'est le jeu en ligne. Et là, King qui s’impose dans notre vie ! L'icône même de ce phénomène, avec Candy Crush.

Au milieu de tout cela, nous ne pouvons pas oublier ce que nous sommes : un groupe de Rock !

Nous avons tous fait du Rock pour la même raison : la quête de la liberté !
Combat vain et utopique peut-être mais ça n’en reste pas moins fondamental pour nous.
Peut-être que King.com n’a pas accès à cette donnée-là : plus ils essaieront de nous empêcher de faire quelque chose et surtout plus ils tenteront d’empiéter sur notre liberté de création, plus nous aurons envie de le faire !

Donc oui, nous voulons faire un jeu vidéo et oui, nous sommes en cours de création du projet. Ce jeux sera développé en open-source et contiendra notre album !

Et il sera parodique, évidemment ! ;-)

Nous allons tenter une dernière fois de rentrer en communication avec eux, mais cela nous semble assez vain et peine perdue.

Donc si vous souhaitez soutenir notre projet de la rentrée, restez connectés et invitez/sensibilisez  vos amis !

Cette histoire nous dépasse mais elle nous donne l'occasion une fois de plus de lutter ensemble pour que ce genre de comportement recule !

Les Bubblies